À distance du pouvoir — le terrain et le like

En Iran, depuis 2022, des femmes descendent dans la rue pour enlever leur voile, certaines sont arrêtées, certaines disparaissent, certaines sont pendues, et le mouvement continue malgré tout parce qu’il n’y a plus grand-chose à perdre quand le prix est déjà connu.

À Cuba, une famille passe en moyenne quatre heures par jour à chercher de la nourriture, les pannes d’électricité durent jusqu’à vingt heures, les médecins fuient le pays par milliers, et personne ne parte vraiment parce que partir, ça aussi ça coûte quelque chose.

Cette semaine, un message circule sur les réseaux sociaux occidentaux où on explique tranquillement qu’en Iran les pédocriminels sont exécutés, qu’à Cuba ils sont emprisonnés trente ans, et qu’aux États-Unis ils deviennent présidents, et le message reçoit des likes, il est partagé, il continue de circuler, et entre chaque like personne ne risque rien, la main appuie, le chiffre monte.

Les femmes en Iran continuent de descendre dans la rue.

Curieusement, ce message n’a pas été envoyé depuis l’Iran. Ni depuis Cuba.

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